Ame absente

Publié le par acila

Tu n'es plus rien pour le figuier ni le taureau,

pour les chevaux ni les fourmis de ta maison.

Tu n'es plus rien pour le soir ni l'enfant

parce que tu es mort à tout jamais.

 

 

Tu n'es plus rien pour le dos de la pierre,

rien pour le satin noir où ton corps se défait.

Tu n'es plus rien pour ton souvenir même

parce que tu es mort à tout jamais.

 

 

L'automne reviendra aves ses conques, 

raisins de brume et montagnes en groupes, 

mais nul ne voudra plus revoir tes yeux 

parce que tu es mort à tout jamais.

 

 

Parce que tu es mort à tout jamais,

comme le sont tous les morts de la Terre,

comme le sont tous les morts que l'on oublie

en un monceau de chiens éteints.

 

 

Nul ne te connaît plus. Non. Mais moi je te chante.

Je chante pour demain ton profil et ta grâce

et la maturité de ton savoir insigne.

Ton appétit de mort et le goût de sa bouche.

La tristesse qu'avaient ta joie et ta vaillance.

 

 

Il tardera longtemps à naître, s'il naît un jour,

un Andalou si clair, si riche d'aventure.

Je dis son élégance avec des mots qui pleurent

comme une brise triste parmi les oliviers.

 

Federico Garcia Lorca 

 

 

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Publié dans Poésie

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wydryck 11/08/2013 21:04

je pleure le jour quand cet homme se fait lâchement tué par les franquistes en 1937 ,paix à son âme .