Compte à rebours

Publié le par acila

                                                               

De prime abord, le film d'animation ne m'attire pas. J'aime cependant me faire surprendre (je ne parle pas du grand méchant "Bouh !" proféré dans le noir, me pourrissant le sang d'une vague décharge d'adrénaline).
Il y eut donc surprise et elle vint de la Corée du Sud.
   Moyen métrage. Durée 45 mn.
   Part I.
Rapidement, on comprend que la rigolade ne sera pas de la partie. Sur un quai souterrain et désert, un rat bouge son museau d'un côté puis de l'autre et... paf un jeune homme l'attrape et croque dedans à pleines dents. En voix off il s'adresse alors au spectateur pour l'alerter du décalage entre ce qu'il voit et ce qui est. Non, il n'est pas désespéré. Il est un homme chanceux. Ah ?!
Retour en arrière. Vie monotone, scindée entre maison et bureau, bureau et maison and so on. Au bureau on le voit subir les foudres de son supérieur. Il dit ne pas être suffisamment sensible pour pouvoir lui en tenir rigueur. Avachi dans son appartement, comme chaque jour que Dieu fait, il contemple le dessin du calendrier, en l'occurence une fontaine qui se veut étrange. C'est alors qu'un ange aux ailes de chauve-souris lui apparaît. Il a un message pourri. "Tu vas mourir (la date et l'heure sont données). Tu iras en enfer (avec une catégorie bien spécifique) et ta souffrance équivaudra à dix fois ta plus grande douleur". Oups, y a des jours comme ça où ça commence à déconner sévère. (On notera qu'il doit y avoir des mathématiciens aguerris au royaume d'Hadès, parce que faire une multiplication précise de la sensation individuelle de la douleur, ce n'est pas donné à tout le monde !).
Dans 50 mn, les démons viendront le chercher. Que faire pour leur échapper ?
Fuir ! Mais où ?

  Part II.

Une jeune femme fait la vaisselle. L'ange de la mort lui apparaît . Le contenu fondamental "tu vas mourir" est cette fois assorti d'options différentes : la destination prévue est le paradis et l'échéance n'est que cinq jours plus tard. Dans un premier temps, le paradis semble plus acceptable au spectateur que les démons féroces de la part I. Seulement la principale concernée par le voyage se met à cogiter sérieusement. Elle sait (comment ? mystère) qu'elle y sera sans conscience, que sa personnalité et ses souvenirs vont disparaître. Tout cela ne la réjouit guère.
La jeune femme rend visite à sa mère, à son petit ami. Elle leur annonce qu'elle va mourir. Sa mère est triste mais se dit que ça aurait pu être pire. Son petit ami lui conseille de fuir avec lui. Elle le gifle car ce conseil, si peu qu'elle fasse mine de s'y intéresser, peut la faire partir en enfer (oui le rétrogradage est toujours possible). Cependant, l'idée fait son chemin. Elle retourne voir sa mère pour lui faire part de sa décision : elle va fuir. Sa mère la gifle car si elle fait mine d'accepter le choix de sa fille c'est elle qui risque l'enfer (ah pinaise, on s'en sort pas c'est une fichue galère). La jeune femme reproche à sa mère son attitude égoïste et lui dit que puisque c'est ainsi elle va partir pour ne plus revenir. Mais rien ne va se passer comme prévu : la mère a un plan et cela va changer la donne.

  Le climat est angoissant. Le compteur tourne, le temps est toujours gaspillé car la panique tend à prendre le dessus. On trouve un peu de répit dans le graphisme doux et flouté de certains objets qui semblent être là pour absorber un peu de cette tension extérieure. On achève bien les chevaux, on pourra donc bien laisser couler un peu de sang pour apaiser les étranges pulsions qui ne vont pas manquer de survenir.
  Ici la justice divine (car il est tout de même question d'enfer et de paradis) semble étroitement connectée à l'oeil de Big Brother (ce qui me fait penser au matez-vous les uns les autres des anglais d' Internet Eyes). Quand sonne l'heure du glas, point de squelette drapé de noir, faux à l'épaule; mais des êtres en tenues (noires tout de même, il est des choses indémodables) moulantes (ah sauvage ici, le mélange eros/thanatos) qui les dissimulent de pied en cap, où seuls percent des yeux rouges et des tétons verts fluos (raccords avec les dents). Et, pour mieux te terrifier mon enfant, saches que la violence la plus extrême et la plus gore ne leur fait vraiment pas peur .
  Bien que mon âme soit sensible, j'ai aimé ce moyen métrage (j'ai fermé mes yeux innocents au moment critique, oui il n'y en a qu'un c'est la scène du dépeçage, voilà comme ça c'est fait, on n'en parle plus). Hélas, je ne saurais vous dire où il peut être vu mais peut-être le pourrez-vous Vous ?  Tic tac tic tac tic tac
  Il s'agit de The Hell : Two Kinds of Life réalisé par Yeon Sang-Ho en 2006.

 



Publié dans Cinéma

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paula ramine 16/10/2009 13:42


@acila: les deux. Ou ni l'un ni l'autre. Au choix.


paula ramine 16/10/2009 10:20


@acila: pensée ce sur vous voulez ma chère. mais à voir le blog de gilren, je ne me laisserai pas duper. Critique et pas constructif.
C'est bien français ça de râler pour tout et ne rien proposer de concret.
Pas mon genre ni mon style...


acila 16/10/2009 13:01


Qu'est-ce-à-dire ? Que vous ne râlez pas ? en êtes vous bien sûre ? ou bien que vous regorgez de propositions concrètes ?


paula ramine 16/10/2009 10:17


Je ne veux pas que l'on me dédicace quoique ce soit.
Calgon c'est comme begon: c'est pour se débarasser des nuisibles.
Quant aux idylles, je n'en connais qu'une: elle est divine. Et c'est un total mystère Mister.


acila 16/10/2009 13:00


you're so wild !


paula ramine 15/10/2009 21:31


gilren me déclarerait il sa flamme?? Oh mon Dien!! quel romantisme. Je me pâme de confusion.


acila 16/10/2009 00:07


hé bien ma chère, il en est un qui ne s'est pas laissé duper par votre caractère si corsé !


Gilren 15/10/2009 20:33


Vous savez Acila ou ailleurs, Paula est une sacrée chouette fille . Les histoires d'amour sont souvent précédées par des rapports de haine. Il vaut mieux ça que le sens contraire. Finalement, ne
seriez vous pas une entremetteuse? Bonsoir.


acila 15/10/2009 23:59


Vous avez raison en ce qui concerne Paula, elle est extra; elle a bien ses petits coups de calgon de temps à autre mais ils font aussi partie de son charme. Vous avez
tout compris de la genèse des idylles à ce que je lis. Oh vous savez on sème des graines deçi delà mais c'est ensuite la nature qui accomplit son oeuvre.
Je vous dédicace à tous deux le prochain article en forme de