Déroutée

Publié le par acila

4662807591_e4e1253262.jpgL'autre jour, je voulus m'en aller visiter d'autres contrées. Pour ce faire, j'empruntais l'autoroute (lesdites contrées ne se trouvant pas vraiment à proximité et surtout le temps m'était compté, ce n'est pas un crime non plus arrete de te justifier comme ça). Bien sûr, la monotonie vide ça fatigue. Et parfois même, la vessie est remplie. Ainsi les raisons ne manquent pas d'emprunter la voie qui conduit à l'aire de repos où il fera bon se ressourcer afin de repartir du bon pied. Ainsi fis je. Il y avait sur "la mienne" un magasin et plein de consommateurs. Que vois je là ? Une carte avec Léo Ferré dessiné et cette inscription, citation je présume :  les poètes quand ils vivent, on les bat, on les moque, on les met en prison. Quand ils sont morts , on fouille dans leur vie, de préférence avec un groin de cochon. Il y avait aussi des wc, ceux des femmes était dans un recoin donc je fis bien me retrouver dans ceux des hommes, mon Dieu ! Chez les femmes, il y avait foule. Alors que j'en profitais pour observer le genre féminin auquel j'appartiens (enfin je crois) et je vis sortir une jeune femme porteuse d'un uniforme, ce que mon esprit alerte traduisit sur le champ par employée d'ici la pauvre. Elle se dirigea vers une feuille fixée sur le mur. Elle commença à écrire quelque chose mais manifestement l'encre ne sortait pas. Mon esprit qui décidément était d'humeur à spéculer sans la moindre réserve (tiens ça me rappelle quelque chose mais quoi ?) se dit qu'elle allait râler après le stylo. C'est là que fut démasqué (à mes yeux seulement) mon noviciat en matière d'us et coutumes dans ce monde parallèle. Elle continua à écrire en pressant bien et oui qu'importe l'encre, l'important c'est la trace (demandez aux limaces pour voir) et signa de la même façon. D'ailleurs en regardant de plus près je pus constater qu'elle n'était pas la première à avoir rempli la fiche de cette façon. Ainsi ligne après ligne, la feuille avait été gravée à la mine du bic asséché. M'est alors revenue en mémoire cette pratique d'enfance qui consistait à mettre une pièce de monnaie sous un papier qui était ensuite soumis au révélateur du crayon de couleur sur lequel il fallait appuyer fortement. J'ai imaginé alors un chef quelconque relevant ces feuilles et les colorant ainsi pour retrouver cette fois un massage en creux et non en relief.

 

 

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