Si tu vas à Sète

Publié le par acila

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n'oublie pas de rendre une petite viste à Paul Valery au cimetière marin. Ah ? Bon d'accord, alors. Le fait est que j'ai joué à cache cache avec Paul (sans le vouloir) et force est de constater qu'il est drôlement fort. Avec sa dernière habitation serait plus exact. Il y a des panneaux indicatifs. On les suit. Et on tourne en rond. Il faisait plutôt beau pour la saison. Et la mer est un magnifique horizon en contrebas. Seulement voilà, à la longue, la plaisanterie devient un tantinet frustrante. Fort heureusement j'étais accompagnée d'une personne bien ancrée dans le 21ième siècle. Et magie de l'Iphone (ne me demandez pas de quoi il s'agit, je vais vous le dire : un

téléphone à la base mais aussi un indispensable  doudou pour qui y a goûté et ce jour là un GPS) où la connexion sur wikipedia se fit, photo de ladite tombe, on repère bien l'arrière plan grâce à un arbre en particulier et on finit par crier victoire. Alors il est fort Paul mais il a un peu triché sur ce coup. Parce que sur le dessus l'inscription c'est pas Valery (mais Grasse je crois), elle est sur le devant en tout premier plan quasi effacée. Voilà pour les jeunes chercheurs (les Iphonistes) de Valery, c'était ma contribution à la traque du poète.

 

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Ensuite, j'ai voulu lire, un peu, sa poésie. Hé bien à Montpellier il me fut impossible de trouver un seul ouvrage poche de cet auteur (à Virgin, bon oui j'avoue que c'était pas malin) tous dans les écoles ai-je présumé. Il y en avait un, récemment édité, où il racontait qu'il aimait la ville de montpellier mais désapprouvait le choix d'arbres bordant la place du Peyrou. A Ombres blanches, j'ai acheté Ego scriptor. Si le sieur Brassens pense que les vers de Valery valent mieux que les siens, le sieur Valery se désolait des siens en lisant ceux de Rimbaud et de Mallarmé (j'ignore si ceux ci connaissaient de tels complexes) En revanche Hugo et Musset ne semblaient pas être sa tasse de thé.

Et cela se déguste par petites bouchées, pleine de saveur. Petit choix :

 

  Ma vie était comme une maison que je connaissais dans ses moindres parties. Et tant je la connaissais que je ne voyais presque plus - Ses formes régulières, ses avantages, ses inconvénients me semblaient ceux de mon corps même et de mon temps.

  Je ne concevais pas d'autres demeures. Mon âme était là, et si habituellement là qu'elle n'était, en somme, nulle part.

  Un jour, j'ai touché par hasard je ne sais quel ressort et voici qu'une porte secrète s'est ouverte. Je suis entré dans des appartements étranges et infinis. J'étais bouleversé pas à pas par mes découvertes. Je sentais en me mouvant dans ces chambres inconnues et si mystérieuses qu'elles étaient la vraie demeure de mon âme. (1922)

 

 

  Rien de plus gênant que les grandeurs qu'on vous attribue et qui ne sont pas celles que l'on eût désirées. (1924)

 

 

  Je garde ma véritable "poésie" pour mon usage personnel. (1924)

 

 

  La musique qui est en moi,

La musique qui est dans le silence, en puissance

  qu'elle vienne et m'étonne. (1916-1917)

 

Vous l'aurez compris, je le découvre. Et il me plaît vraiment bien. Je rajouterai pour  Hopla qu'il est l'auteur recherché de La citation, dont les termes (massacre est en effet tout à fait approprié) exacts sont les suivants :

 

La guerre, un massacre de gens qui ne se connaissent pas, au profit de gens qui se connaissent mais ne se massacrent pas.

 

Bon ceci n'est pas l'idéal pour terminer un article, Valery repaire de citations, je préfère celle-ci :

 

Il faut être léger comme l'oiseau et non comme la plume.

 

Cet article est indirectement inspiré par Chrys.

 

 

 

 

 

Publié dans Poésie

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Délia 06/04/2011 13:49


Je découvre votre blog au détour d'un clic... Merci Gehem, je m'y plais vraiment, ici. C'est fou ce que les liens permettent, en sauts de puce, d'ouvrir l'espace vers des lieux qui vous semblent à
la fois découvertes et familiers, comme un bonheur d'humanité partagée... La poésie, oui, c'est l'oiseau dont la plume nous enseigne l'art d'exister...


Géhèm 26/01/2011 15:30


La découverte de votre blog a été une très agréable surprise.
...Il y a quelques années, j'ai rencontré moins de difficultés que vous à trouver la tombe de Paul Valéry. Un de ses visiteurs m'y avait précédé, s'y recueillant, un livre de poèmes à la main.
Après avoir élargi ma promenade pour le laisser à son hommage, j'ai été touché à mon retour par la rose rouge qu'il avait abandonnée sur la pierre.

PS : Votre post sur Svankmajer m'a tellement plu qu'il m'a donné l'idée de mon article du jour et qu'il s'y trouve associé par un lien.


acila 14/02/2011 14:26



Merci de partager.



Bolkonski 18/01/2011 08:41


Trainées d'or du crépuscule
Le dôme bleu d'une église
Les mimosas ont fleuri


acila 14/02/2011 14:25



Merci



loula 17/01/2011 21:08


o désespoir, je ne sais où mon message s'est envolé.... je disais avoir été il y a quelques années au musées Georges Brassens à Sète, avec des écouteurs aux oreilles pour l'écouter... cela m'avait
beaucoup plu... c'est un poète...
puis j'ai vu le cimetière qui domine la mer, et un petit restau en bord de mer... Je suis contente de t'avoir retrouvée. Bises


acila 14/02/2011 14:24



ô overblog (parfois !)


ah l'invitation georges brassens se précise :)


je pense bien à toi, tiens bon la barre.



JMP 17/01/2011 18:02


"O récompense après une pensée qu'un long regard sur le calme des dieux..." (je m'aperçois que ma mémoire retient les mots mais jamais les découpages exacts des poèmes...)


acila 14/02/2011 14:19



c'est la moitié du chemin (que fait votre mémoire)