Chroniques de Jérusalem

Publié le par acila

Une personne attentionnée m'a prêté cet ouvrage réalisé par un québécois, montpelliérain d'adoption (ah)

 

 

guy delisle

 

 

AVANT   qu'il ne reçoive le Fauve d'or, soit le prix du meilleur album au festival d'Angoulême.

 

Seulement voilà, je ne l'ai pas fini, et donc on conclue pour moi "tu n'aimes pas". 

Alors je m'insurge.  Non, si je traîne c'est parce que le récit d'un voyage ou plutôt d'un "séjour" à l'étranger est une incitation à la flânerie. Et puis attention, c'est un gros livre : 333 pages.

  L'auteur nous raconte sa vie à Jérusalem alors que sa femme y effectue une mission pour Médecin sans Frontières. Ce qui me freine un peu dans la lecture (j'avoue) c'est la complexité des choses dans cet endroit, multiplicité des zones, des religions, des noms. Et puis surtout ce qui est terrible pour moi qui suis sensible c'est la guerre.

page 165, un de ses enfants lui demande  - papa, c'est quoi la guerre ?      

- la guerre, c'est simple : c'est faire entrer un morceau de fer dans un morceau de chair (entendu deux jours plus tôt dans un film de Godard)

- quoi ?

- euh... c'est quand y'a beaucoup de gens qui s'entendent pas ensemble. Ils se disputent et ça fait la guerre. Voilà. 

 

  Suivre Guy Delisle dans cette aventure (au milieu des bombes qui tombent deçi delà sans prévenir) c'est l'occasion d'apprendre plein de mots nouveaux (pour peu qu'on n'ait jamais trop pris la peine de se pencher sur la géo-politique du coin) et de stimuler ainsi efficacement sa mémoire (alors les deux passages pour gaza sont erez et rafah, entre les deux existe un accès pour les marchandises), de mettre à jour son histoire religieuse via la mode, sachez qu'au saint sepulcre vous pourrez différencier éthiopien orthodoxe, arménien apostolique, catholique romain, grec orthodoxe, copte orthodoxe, syriaque orthodoxe  grâce à leurs parures. Le contexte historique en fait donc un ouvrage dense en informations, cela n'est pas indigeste mais nécessiterait en ce qui me concerne, une relecture.

 

 

  Pourquoi n'est-ce pas indigeste, pourquoi est-ce même très agréable à lire ? Parce que le graphisme est simple dans le sens de non alambiqué, accessible - et non dans celui de, facile de faire pareil. Parce qu'on suit le narrateur dans son quotidien au fil des jours, comme si l'on était à ses côtés; c'est le journal de bord d'un ethnologue de proximité dans un univers international (multiplicité des nationalités dans les ONG) et pluri-religieux. Et parce que bien sûr le narrateur sait faire preuve d'auto-dérision (mais sans excès). Il serait temps à propos que je réduise l'excès de parenthèses. Et puis entre nous quoi de plus fascinant qu'un homme qui raconte sa vie - comme une porte ouverte sur un grand mystère.

 

 

  Bon je vais devoir vous laisser. Et pourquoi vais-je devoir vous laisser ? Parce que mon bras ne fonctionne plus très bien depuis une étonnante prise de sang faite par une jeune médecin il y a plus de 24 h, tout est normal, pas tout à faite prête à partir en mission apparemment, pour sa part. Parce que je me dois d'aller quérir de quoi me sustenter afin de résister lors du siège neigeux annoncé. Parce qu'Overblog efface tout ce que je dis, aussi.

 

  Pour faire plus ample connaissance avec cet auteur discret, une petite vidéo sympathique par là.

 

 

 

 

 

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